dimanche 31 janvier 2010

L'année de la biodiversité.
(Premier message de)
Image issue d'AGORAVOX : Article Biodiversité

Ce siècle est celui des dangers. Les impératifs écologiques ne peuvent plus être niés comme ils l'étaient au siècle précédent. Cet état de fait ne signifie pas de la part des "élites" détentrices des pouvoirs qu'il y aurait "prise en compte" des nécessités de réaction et de révolution induits. Disons qu'autrefois elles ne voulaient pas en entendre parler. Maintenant c'est devenu impossible et donc, au contraire, on en parle partout et on écrit... Beaucoup ! Le temps des palabres, peut-être incontournable, est venu. Récupérer le problème pour mieux l'enterrer sans en avoir l'air est la stratégie d'un moment nécessaire qui devait sûrement arriver. Le problème vient de ce qu'il risque de s'éterniser, ce qui sera assurément tant que les sujets-consommateurs ne se mueront pas en citoyens actifs refusant enfin la voie unique de la croissance éternelle.

Dans l'attente les palabres continuent. Avec des films et un point fort à Copenhague, en 2009 nous avons beaucoup devisé sur le réchauffement climatique. A la fin de l'année et à Copenhague: - Rien - (comme prévu.) Sur le présent blog je vous avais présenté ma maison, préoccupation à mon avis plus utile et sur laquelle surtout je détenais un pouvoir palpable. En 2010 nous perdrons encore notre temps en prières : Ce sera l'année de la biodiversité ! Première "espèce" en voie de disparition, il était grand temps, à l'ouverture de cette seconde décennie du siècle, de penser à elle !

Que nos maîtres se rassurent, nous nous contenterons de penser, de palabrer et de prier. Donc sur l'initiative de l'ONU et à défaut de sauver les espèces nous serons toute l'année sous le signe de la biodiversité. Amen !



Personnellement je vous parlerais de tout et de rien, donc assez peu de biodiversité. De toute façon cela ne changera strictement rien à notre avenir ! Le ciel se couvre, les espèces crèvent tout autour de nous mais la fête continue pour L'homo sapiens... Réjouissons nous donc avec lui ou plutôt jouissons !

Tant que ça dure...

samedi 3 avril 2010

L'année de la biodiversité (N°2).
(Ou faisons semblant d'y croire !)


Chers lecteurs, je ne vous abandonne pas. J'ai une excuse facile : J'attendais une bonne nouvelle, au moins une, alors voilà... RIEN !
Les miracles finissent toujours par arriver cependant. Des trucs bizarre qui démontrent que la nature n'est pas morte... Si, si ! La cabane solaire en bois a retrouvé sa nature d'arbre creux ! C'est le printemps ! Le doigt de Dieu ou alors c'est magique... Un peu comme le carrosse de Cendrillon qui comme chacun sait était une citrouille ? C'est là sûrement une manifestation de la magie de cette semaine dite du "développement durable"! C'est arrivé avant-hier, exactement le 1er avril !

Avant cette magique semaine du développement durable le climato-négationisme s'installait dans les têtes, d'abord de quelques abrutis comme Monsieur Allègre, puis de tous ceux qui attendaient ça. Cette année de la biodiversité est tout sauf une icône. Jusqu'ici elle serait plutôt antibiotique (!), bref comme l'année précédente mais en pire... Comme tous les ans! Pour débuter celle-ci il est déjà décidé de laisser les derniers thons rouges se faire attraper et de lancer la patate OGM... Il faut dire aussi que le Grenelle commence à se faire oublier! La taxe carbone est remise aux calendes grecques (les grecs vont très mal, ce qui n'a pas vraiment rien à voir.) Les éoliennes sont désormais mal vues dans le pays, nous en verrons donc moins de nouvelles. Il faut dire à la décharge des "élites" que le résultat des élections régionales ne risque pas de leur faire craindre un peuple rebelle ! à part le taux d'abstention important, signe de grogne, tout semble aller pour le mieux en ce monde pourtant à la dérive. L'abstention est pratique parce qu'elle se laisse interpréter comme on le désire,"on" étant ce que vous voudrez quoique certains "on" pèsent plus lourd que d'autres. Notre président a choisi évidemment ce qui l'arrangeait et vu là dedans une carte blanche. Son naturel étant à cette occasion revenu au galop il en a oublié sa signature ce qui enrage Monsieur Hulot, lequel n'en peut mais ! Notre Président sait gérer les choses en maître, c'est à dire augmenter ses revenus, puis virer les fonctionnaires inutiles (pour un régime fantoche), et maintenant faire vraiment la politique qu'il aime, essentiellement la poursuite des "réformes"... C'est tout de même plus excitant comme boulot! La biodiversité ne va pas aimer et encore moins les sujets de Sa Majesté ! Mais peut-être ces abstentions sont-elles aussi un signe de réalisme dans les têtes de "citoyens" seulement virtuels, l'indice qu'il vaudrait mieux vite achever les "réformes" avant que ça tourne au vinaigre?

Joyeuses Pâques !
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lundi 3 mai 2010

L'année de la biodiversité (N°3).
Croa en Vacances !

Vallée de Canfranc

À l'arrivée à Jaca (prononcer Râca) les amis vautours semblent absents. En fait ils ne sont que moins nombreux qu'autrefois et nous les verrons souvent baliser le centre des thermiques au profit de nos lourdes machines en plastique blanc. Il y a aussi un couple de milans royaux qui fréquente les abords du restaurant de l'aérodrome de Santa-Cilia... Je soupçonne le patron de leurs laisser quelques restes ! Ces oiseaux sont vraiment beaux surtout si on les compare aux milans noirs de chez nous. Ils sont aussi très peu farouches, quoique seulement en vol mais ils sont alors capables de passer si près que nous pourrions presque les toucher... S'ils étaient moins rapides ! Je m'étais bien juré dès le premier jour de tirer de ce comportement une photo gros plan de ce bel oiseau... Hélas, si les appareils numériques constituent bien un progrès irréversible ils gardent encore comme tare celle d'une mise en oeuvre extrêmement lente qui a fait tout rater!
Les hirondelles, de leur coté, fréquentent le village où elles sont certainement plus nombreuses que les humains. Leurs préoccupations sont identiques cependant : Ici tout est neuf, ou rénové, ou en construction... Mais les hirondelles auront sûrement plus vite terminé leurs rustiques nids de boue, un matériau qu'elles arrivent à trouver entre les galets des rives de la rivière Aragon.

«Mon Dieu que la montagne est belle... » Celle-ci vaut certainement celle du regretté Ferrat ! L'Espagne ne fait plus pauvre du tout et les séjours y sont carrément onéreux. Le soleil de cette fin d'avril est ici extrêmement généreux. Il aura suffisamment chauffé les pentes pour nous offrir de belles ballades jusqu'aux crêtes pyrénéennes. Jeudi un risque d'orage nous aura dissuadés de voler. Munis de jumelles, nous aurons été ce jour là voir nos amis à plumes chez eux, en "rampant" afin de ne pas les déranger près de leur rocher. Ce faisant nous sommes allé jusqu'au Pay Basque, à Roncal (Erronkary) où se vendent d'excellents et réputés fromages de brebis. Il y a aussi là une exposition pédagogique sur la nature... Mais, à ce propos, le gars du syndicat d'initiative (en travaux) se trouva fort désolé de nous dire qu'elle n'ouvrait que le lendemain!
Rocher aux vautours
Huit jours d'oublis des réalités... En partant je laisse quelques morceaux de pain dur à trois chevaux qui semblent apprécier le cadeau. Le notre c'est la vie et ici elle éclate encore de partout.
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lundi 24 mai 2010

L'année de la biodiversité (N°4).
Pour la Journée mondiale de la biodiversité Croa se goinfre !

Samedi dernier était décrété une double consécration des diversités. Ce jour là où la vie se trouvait donc sous double protection ne pouvait que nous surprendre. En fait l'évènement, si surprenant qu'il n'existe normalement que dans les rêves, s'est produit la veille.


Vendredi 21, il devait être 20h, c'était après une de ces premières belles journées chaude de mai et je me rendais à ma voiture laissée tout au fond de l'aérodrome. Là, dans l'herbe avait gonflé d'énormes boules d'un blanc immaculé : Des champignons !!! La chose a de quoi surprendre, ce printemps 2010 est si sec que la poussière commence déjà à poser problème ! Vesses de loup (truc qu'on laisserait pourrir sur place ?) Non : rosés des prés tout jeunes! Je rêve et ce truc va sûrement mal tourner, je vais me réveiller... Efforts vains : Je suis éveillé et tout est vrai. Suit aussitôt un moment de lucidité : Ne pas laisser cette manne aux cochongliers qui infestent la zone ! Il y avait justement dans l'AX un panier qui n'attendait que ça et l'affaire fut pliée en trente secondes.

Sanmedi 22, pour la journée de la biodiversité, il y eut donc champignons au menu. Pas de cèpes certes mais les rosés des prés sont pas mal tout de même. Ces choses s'accommodent comme les champignons de Paris dont ils sont très proches de goût et les bonnes recettes ne manquent pas. Et puis, se goinfrer fait oublier la radio qui nous parle encore de marée noire, vous savez cette une fuite rebelle et maligne en mer près des côtes américaines qui commence à durer... Cauchemar ? Non, réalité délirante. Notre époque tourne mal et nous ne sommes pas dans un rêve. Aucun salut à espérer dans un hypothétique réveil, il ne nous reste que la foi ! Alors nous consacrons la vie dans ses fuyantes essences le temps d'une lune ou de n'importe quel autre temps...
Dérisoires exutoires, la mort c'est toujours pour de bon ! Amis, ripaillons sur la tombe des espèces disparues ! Demain sera un autre jour où peut-être arrêterons-nous de payer nos dettes. L'argent, voilà le poison qui tue la vie. Voici le crédit, cette dope d'une civilisation qui asservit ses sujets cons-sommateurs... Et pour finir la dette qui plume le pigeon tout vivant tout en empoisonnant les graines dont il se nourri.


O Tout Puissant, donnes-nous la force, la volonté d'arrêter de payer... Réveille-nous enfin !
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mardi 13 juillet 2010

L'année de la biodiversité (N°5)
Un petit président petit.
(Pour une fois Croa regarde la télé !)


Hier au soir, 12 juillet 2010, les "Guignols" étaient déjà en vacances ! Par chance ce soir là nous avions mieux au programme, au moins en théorie, puisque le vrai Président de la République en personne recevait David Pujadas à l'élysée et tous les français qui le voudraient bien grâce à France 2 télévision. En plus, ce rendez-vous étant supposé important, autant ne pas rater ça ! Ce fut facile finalement puisque l'émission commença à 20h15, ce qui avait laissé une bonne marge aux habitués des guignols.

La discussion n'a malheureusement pas été marante. Nous n'avons jamais ri, ni au premier, ni au second degré. Nous n'avons même pas ri jaune ; Nous avons juste été consternés.

Nous avons entendu un Président plus petit que jamais, mesquin, menteur, méchant et frivole face à un Pujadas surprenant qui osait risquer quelques petites impertinences.

La discussion commençait fort mal sur les scandales politiques du moment, des trucs récurrents sans grand intérêt vu la faible intégrité notoire des gouvernants actuels sur lesquels plus rien ne reste à prouver… Un bon quart d'heure fut ainsi perdu de même que, je suppose, quelques téléspectateurs.

Comme tout vient à point à qui sait attendre, il fut enfin question de nos pensions de retraite et de «la réforme». Cela valait la peine car les masques tombaient aussitôt ! Monsieur Sarkozi présentant l'avènement antérieur d'une retraite à soixante ans comme « une erreur historique », enchaîna aussitôt avec une de ses locutions favorites disant que « nous n'avons pas les moyens de faire cela», des paroles que nous réentendrons plusieurs fois ! Dans le même élan, c'est aussi un gros menteur qui se révèle à nous puisqu'à l'évocation d'une hypothétique diminution des pensions de retraite il affirmait sans pudeur aucune : « Je m'y refuse !»
Et à propos «d'erreur historique », un même habillement sera taillé sur les 35 heures. Contre celles-ci, il présenta justement les affranchissements concédés aux heures supplémentaires comme un moyen de neutraliser la réduction du temps de travail, ce qu'on savait déjà. C'est toutefois bien qu'il l'ait dit, révélant ainsi un mesquin travail de sape et en passant ses actes de classe… Nous n'en attendions pas moins d'un avocat d'affaire, l'étonnant étant jusqu'à présent la complicité mutique des médias. Ce n'est pas tout et notre Président avait encore des trucs à dévoiler! De plus en plus petit à mesure qu'il parlait, il y mit des formes et une certaine douceur mais osa aller au fond de son cœur et nous avouer quelques perversions vénales qu'il savait peut-être déjà connues de tous... Il nous dit que, certes, on ne saurait adorer l'argent mais qu'il est tout à fait bienséant de s'en accommoder ! (En fait je ne me rappelle plus des mots exacts mais que ces choses étaient bien dites !)

Avec des mots de haine le sommet fut atteint. Oui, il y a des gens qui ont des problèmes avec leurs enfants… Mais pourquoi faudrait-il, en plus, les punir de ça ? Pour ajouter du malheur au malheur ? Monsieur Le Président, ça ne vous viendrait pas à l'idée que ces gens auraient plutôt besoin d'aide ? Ou au moins besoin d'espérer ? Par un bilan objectif de la situation sociale actuelle créatrice d'exclusions ce serait possible… Mais non, pour vous il faudra toujours rajouter de l'exclusion à l'exclusion et de la haine au désespoir ! Le pire étant que là, vous ne nous décevez même pas car il y a longtemps que nous vous connaissons !

Au bout d'une heure environ, enfin un peu de détente puisqu'il fut question de foot. Non pas que ce soit réjouissant mais à coté de ce que nous venions d'entendre, ce sujet banal et anodin fut comme une bouffée d'air frais. Nicolas nous aurait parlé de la bonne manière de peigner une girafe, ça aurait été bien aussi… Quoiqu'il prenait ça au sérieux, le bougre ! Bon, l'équipe française a perdu… La belle affaire ! L'affaire de onze types d'ailleurs, ce qui même pour eux n'est pas grave car il faut bien des perdants dans un jeu, non? Ce n'est pas l'affaire des français sauf pour les passionnés, lesquels sont sûrement conscient du domaine à y réserver. C'est encore moins, il me semble, celle d'un président, sauf à titre privé peut-être. Ceci dit, en faire une affaire d'état n'est pas grave, c'est juste futile, une bonne fin en somme pour un entretien globalement navrant.
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mercredi 28 juillet 2010

L'année de la biodiversité (N°6)
CHAMPAGNE !


Cette année banale où tout crève autour de nous subsiste une touche de progrès. La journée d'aujourd'hui restera symbolique d'une inversion possible de la décadence ambiante. La nouvelle vient de Catalogne, une région Européenne réveillée après un long purgatoire franquiste, punie pour avoir toujours été fière, humaniste et donc rebelle à toutes les mafias qui dirigent ce monde, le mundillo n'étant pas le moindre.


Aujourd'hui, Les corridas ont été abolies en Catalogne.

- Puisse cet exemple nous inspirer enfin un futur radieux !
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dimanche 10 octobre 2010

L'année de la biodiversité (N°7)
LA MARCHE DU TEMPS

Vol de cigognes

Les cigognes sont parties. Image du XXIe siècle que l'on croyait perdue définitivement au XXe le passage des cigognes fait exception en ce monde où tout se meurt. Celle-ci est du 10 septembre 2010... Tard peut-être mais je la tiens cette image positive de l'année de la biodiversité! Enfin un truc aussi trompeur que l'air du temps et la beauté des derniers ronds points offert par le conseil général et joliment arrangés de verdure et dont on oubli vite qu'autour tournent les bagnoles!


Livre relié

Je viens de terminer un bouquin du siècle dernier. Il traînait dans le fouillis d'Ysengrine où, d'un regard rapide se décelait une perle. Un fier innocent y raconte la vie d'autrefois... Nous n'apprenons pas que des intellectuels contestataires et ce témoignage naïf, satisfait, scientiste, un poil cocardier et même régionaliste révèle on ne peu mieux toute une époque. Vécue dans le Sud-Ouest, déjà porteuse des tares de ses fiers hobereaux et autres arrogants obséquieusement rapportées dans le journal du même nom, cette "belle époque" préparait celle d'aujourd'hui promise, c'était sûr, à être bien plus belle encore que celle du temps en question. ( Raté !). Ainsi, « Le livre de raison » de Joseph De Pesquidoux est un truc absolument à lire ! Si, Si ! ça se dévore facilement quoique certains mots un peu oubliés aujourd'hui nécessitent un dictionnaire. Toute une vie rurale heureuse aujourd'hui disparue y est décrite en détails... Un bonheur je vous dit ! Innocence du militaire engagé dans une arme déjà dépassée à cette époque mais dont le cliquant de l'éperon nickelé du lieutenant ravissait les jeunes gens avides de revanche. Comme chacun sait aujourd'hui, en 14 c'est partit mais notre petit hobereau n'en a pas vu grand chose quoique certains copains n'en soient pas revenus. Visions d'avenir en Vallée D'Aspe... Avec alors un train tout neuf ! Toutefois celui-ci semble invisible à notre auteur qui lui préfère la route et surtout ses centrales électriques alimentées à partir de robustes conduites forcées. Promesses de lumières et de lendemains sans sueurs pour l'homme, une description de la «candèle dé rousée» (chandelle de résine) s'imposait avant oublie définitif... Joseph ne se doutait cependant pas que l' insatiable appétit d'énergie des hommes ferait du progrès une course sans fin et du bonheur une carotte de plus en plus lointaine. Accessoirement j'ai pu y lire aussi un avenir déjà sombre pour les ours. Je cite : «Et les hommes s'attaquent aux portées, dans l'espoir «de détruire la semence». On m'a dit que, parfois, on peut voir, au bord du ciel, le long d'une âpre crête, une ourse dont on a tué les petits, se traîner rudement sur le ventre pour apaiser l'irritation de ses mamelles pleines, inutilement gonflées... » Le passage est révélateur d'une éradication choisie et volontaire de l'ours en Vallée d'Aspe, parfaitement connue donc dès le début du siècle dernier...

Il est vrai qu'en ce qui concerne la biodiversité, nous devrons attendre jusqu'en 2010 une attention officielle... symbolique!

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vendredi 26 novembre 2010

L'année de la biodiversité (N°8)
Un rachat venu de loin ?

Ça s'est passé dans un coin de campagne avec jolie vue sur la Dordogne, tout près de Libourne. Située à flanc de coteau et entourée de vignes, une maison bourgeoise devait être vidée de tout ce qu'elle contenait, plus exactement vendu aux enchères. Il y avait là tout un bric-à-brac à disperser suite à une histoire de succession probablement… La vente concernait l'ensemble des meubles mais aussi tout un lot d'objets, datant surtout de la fin du XIXe siècle et accumulés là par une famille qui, apparemment, n'en voulait plus : livres reliés correspondant au contenu d'une bibliothèque, tableaux d'artistes locaux, pendules, cuivres, vases chinois, assiettes et couverts, etc... L'annonce du journal, avait en ce jour maussade de novembre, rameuté un grand nombre d'amateurs, collectionneurs de toutes sortes, passionnés d'arts ou simplement scrutateurs de bonnes affaires.

Les ventes aux enchères courantes sont un truc plaisant. On en revient rarement sans rien et les affaires y sont plutôt bonnes. Certes, il y est possible aussi de commettre des erreurs susceptibles de mettre à mal le portefeuille mais c'est la règle du jeu!
À l'attention de ceux qui n'ont pas mis les pieds depuis longtemps dans une vente aux enchères, je dois signaler cette évolution incontournable des temps modernes que représentent les téléphones portables. Grâce à eux, nous pouvons voir, magie du XXIe siècle, certaines personnes lever la main droite pour porter enchère, l'autre main tenant un téléphone portable collé à l'oreille gauche. Lorsqu'ils entrent en scène, ces individus dotés d'un armement supérieur écrasent les enchères... Malheur aux manchots ? Que nenni, c'est juste qu'il est maintenant possible de mandater un intermédiaire qui, à vos ordres par téléphone, enchérira pour vous. C'est ainsi que, lorsque certains lots intéressants signalés au catalogue sont mis en vente, nous pouvons voir s'agiter ces personnes aux deux bras valides qui, vous l'aviez comprit, n'enchérissent pas pour eux. Par ailleurs ceux qui se cachent à l'autre bout des ondes sont certainement des êtres assez spéciaux, différents du tout-un-chacun, assez singuliers en tout cas pour ne pas vouloir se mêler à la foule vulgaire inconfortablement entassée dans la salle. Là bas, on ne se déplace pas pour faire son affaire d'un lit à trente euros ou pour une poupée en porcelaine aux vêtements défraîchis... Là bas, on achète vraiment et quant les porteurs de téléphones font entrer en scène leurs acheteurs distants ceux qui sont présents sur place n'insistent guerre, généralement !
Robe chinoise jaune

Dans les objets à vendre il y avait deux robes d'homme chinoises. Elles étaient en soie et assez belles avec leurs dragons dorés et autres broderies mais franchement que pouvait-on faire de ces trucs, à part les mettre dans une vitrine ? Et qui pouvait bien porter ce genre de machin ? Un voisin m'explique qu'il s'agit d'une robe de Mandarin. Bon... Mon ignorance de la Chine est insondable ! Il y avait une robe jaune et une robe bleue. Le commissaire proposa la robe jaune à 80 euros, je crois mais je ne suis pas sûr, ma tête étant un peu ailleurs... Dans la lune ou plutôt dans l'extrême orient… pour moi tout aussi lointain ! Mais quelque chose allait me ramener sur Terre ou plutôt en France. C'est arrivé assez-vite quand je perçu qu'un truc était en train de se passer, que du bazar nous passions aux choses sérieuses ou folles, comme vous voudrez, en tout cas peu banales. Quant les enchères dépassèrent mille euros nous étions encore dans le déjà vu. Là, je dois préciser à l'attention de ceux qui ne fréquentent jamais une salle de ventes, vous devez activer ce réflexe de sauvegarde apprit par l'expérience consistant à faire attention aux gestes malheureux susceptible d'être mal interprétés, attention surtout aux mains et bien suivre maintenant ce qui se passe ! Le temps passa très vite et sans le commissaire et les deux ou trois porteurs de téléphones qui poussaient les enchères nous n'aurions eu qu'un pesant silence. Ambiance rare, c'était aussi le bon moment pour constater que les enchères suivent une règle de progression exponentielle, particularité mathématique invisible d'habitude mais pas ce jour là… Les 10000 euro furent franchis aussi, puis 20000, 37000... Soit le prix de base d'un studio acquis ces temps derniers par ma pomme et sa moitié via une mission confiée à un avocat, l'immobilier étant une chose sérieuse ! Mais là rien, sinon cette situation irréelle par laquelle des gens s'engageaient sur des sommes folles, comme ça, à main levée ! Nous vivions maintenant une ambiance de suspense absolu ponctuée de courts mais lourds silences lorsque le commissaire priseur voulait bien attendre un peu et laisser ses clients "branchés" deviser au téléphone de la conduite à tenir… Bref, cette foutu robe parti à plus de 100000 euros (plus de 100 k€ ou 0,1 M€... !) D'ailleurs je ne sais plus la somme exacte puisque, grâce à une immobilité absolue tel un robot dont on aurait d'urgence débranché la prise, ce n'est pas moi qui paye ! Moment magique du coup de marteau, relâchement des nerfs de tous et applaudissements spontanés du public. Applaudissements pourquoi au fait ? Pour le commissaire-priseur et son équipe ou pour le pigeon gagnant ? J'ai suivi le mouvement sans trop comprendre quoique pour moi cela irait plutôt au commissaire et à son équipe qui sur ce coup là marque bien sa journée : 20% tout de même ! Juste après la robe bleue s'est bien vendue aussi mais pour une somme plus raisonnable.

La scène vécue laisse dubitatif. Qu'avait donc de spécial cette robe ? Certainement faudrait-il être chinois pour le savoir ! Qui est cette personne disposant de fortes liquidités immédiates qui a acheté la robe ? Un chinois peut-être ? L'hypothèse ne peut être exclue puisque le catalogue de la vente était téléchargeable sur Internet ! Les choses se bousculent dans ma tête… Après tout que font tous ces objets d'origine lointaine chez nous ? Ces restes d'une autre époque, celle des colonies ? La maison n'était pas remplie que d'objets exotiques mais il n'y en avait pas mal. Ceux-là avaient été apportés là de la fin du XIXe au début du XXe siècle en provenance d'extrême orient ou d'Afrique tel cette drôle de statue noire qui faisait aussi partie de la vente… Ces vases, ces assiettes et surtout ces robes... Pourquoi ? Est-ce là le résultat d'un commerce ou d'un pillage ? D'un commerce inéquitable comme il en résulte des contrastes entre civilisations? La robe a aujourd'hui de la valeur au moins pour quelqu'un, c'est sûr ! Valeur peut-être relative, ce qui est beaucoup pour votre bourse n'est peut-être rien pour une autre, et inversement. Le commerce diffère du pillage en ce sens qu'un échange demeure, fût-il inéquitable et celui qui vend du travail est toujours celui qui s'enrichit fût-ce lentement. La richesse du pillard est, de son coté, souvent provisoire vue à l'échelle de l'Histoire. Par ailleurs les biens faciles ne sont pas forcément dérisoires et ceux qui procèdent d'un travail créateur reconnu retrouvent toute leur valeur un jour. Il se pourrait bien que nous en soyons là, la scène vécue posant ce constat désormais en présupposition.

La chine surprend car elle bouscule de vieilles certitudes. Il suffit pourtant d'un regard à peine attentif pour que se révèle une grande nation, par son histoire notamment. Histoire qui n'est pas la notre, c'est vrai car l'Occident a longtemps ignoré l'existence même de l'Orient, et inversement ! Il est pourtant utile de savoir qu'aux époques antiques le premier Empereur de Chine était en mesure de mobiliser bien plus de soldats que les légions Romaines, que leurs pointes de flèches étaient fabriquées en série et qu'ils avaient des arbalètes ! Ils ne connaissaient pas l'acier mais chromaient le bronze… Bref, heureusement pour nous qu'ils ignoraient l'existence de l'Occident ! Heureusement aussi qu'ils aient aussi, quelques siècle plus tard, ignoré l'Amérique, ce riche continent que nous avons découvert avant eux - pour le plus grand malheur des amérindiens - simplement parce qu'un de leurs Empereurs avait fait le choix de ne plus chercher à conquérir les mers, un choix ensuite jamais remis en cause ! Il est maintenant utile, voire impératif, de réaliser que la Chine est une grande nation. D'abord parce qu'elle est constituée d'un tiers de l'humanité, ensuite parce qu'elle porte en elle une riche culture plusieurs fois millénaire et surtout parce que ses savoir-faire tout aussi anciens, un temps dépassés il est vrai, n'en constituent pas moins un socle que l'on aurait tors de sous-estimer.
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samedi 1 janvier 2011

L'année de la biodiversité (N°9)
Fin d'une mascarade, Fin des mascarades ?

Cette année de la biodiversité n'a été en rien différente des précédentes. Les projets les plus pourris qui étaient dans les cartons ont suivi leur cours sans broncher et les rares bonnes nouvelles de l'année n'avaient rien à voir avec la biodiversité. Les corridas ont été cependant abolies en Catalogne, ce qui n'est pas rien ! Pour le moment les peuples conservent encore une petite capacité à peser sur leurs destins malgré les mensonges médiatiques et les obligations conjoncturelles instaurées.

2010 s'est terminé sur les festivités habituelles. Nous avons passé Noël aux tisons. Il y avait un petit Jésus dans la crèche et des étoiles au ciel, toutes choses immuables, traditions surannées, choses du ciel et ce catalyseur de joie qu'est l'amour. Désabusés il nous reste ça en effet, les traditions comme repères et ce sentiment multiformes qu'est l'amour transfigurant tout ce en quoi on ne crois plus. Des amours qui font le plaisir d'être entouré, d'un dissemblable mais pas seulement, aussi d'amis, de jeunes... Il y avait ici en plus un chien tranquille qui nous a doublé en vieillesse et également deux chattes parce que le feu du foyer est bien agréable.

Les chaînes nationales de radio et de télé ont ouvert la soirée de la Saint Sylvestre sur les voeux du Président au peuple français. Composé d'auto-satisfactions et de gages ostensibles le message n'était en réalité pas destiné au peuple sauf à agréer qu'il devra en baver ! Pour Monsieur Sarkozi les "réformes" sont bien passés parce qu'une majorité de bon français sont resté sages (il a parlé plutôt de maturité) et que le service minimum fonctionne bien. Elles seront poursuivies et l'état ne transigera pas sur l'équilibre des comptes... Pour finir notre Président a exprimé une pensée pour les soldats « qui défendent nos valeurs et notre liberté »... Plus culotté tu meurs ! Certains ne veulent plus l'écouter ; Ils ne risquent pourtant rien et ont bien tort. Il y a longtemps que le bonhomme ne surprend plus et c'en est marrant tellement c'est gros ! Bon, ça relativise les bons voeux que chacun souhaite à chacune pour 2011 mais ici la bûche et les bulles ont été appréciées quant même!

Bûche de St Sylvestre 2010-11

La nouvelle année sera-t-elle celle de la vérité ? Certains le prédisent et la perspective est séduisante. Le monde change. Au plan international émerge la Chine pendant que les pays d'Europe se ruinent pour leurs banques et quelques oligarques. En France nous verrons enfin les médias dominants faire semblant de découvrir la déliquescence des "élites" politiques car les révélations d'Internet les disqualifient déjà. Les sujets européens, obligés de se prendre en mains, se découvriront-ils une nouvelle et surtout réelle citoyenneté comme commencent déjà à le faire les islandais ? Nous pouvons en douter... Mais peut-être en 2012 ? Il sera temps... Pour les français !
Croa rebois aux taureaux sauvés !



Concernant le
précédant message je vous devais la solution de l'énigme : Il s'agissait d'une robe impériale ! C'est "Arunah" , en réponse à la publication sur AgoraVox qui a trouvé et qui ajoute : «il est permis de supposer que cette robe a été pillée lors du sac du Palais d'été par le Corps expéditionnaire français... »
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FIN de "L'année de la biodiversité".